Textes

Editions :


Editrice aux Editions Traces de vie.

Les manuscrits peuvent m'être adressés par envoi postal à l'adresse de Traces de vie: 51 Rue de Saint Hubert à 6927 Tellin (Belgique).  Un contact préalable est possible par courriel : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.


Directrice de la collection "Encres de vie" créée en 2014 aux éditions L'Harmattan (Paris).

Cette collection a pour objectif de publier des textes littéraires à caractère autobiographique ainsi que des témoignages et des écrits sur la mémoire mémoire collective. La réalisation de ces ouvrages se fait en lien direct avec les éditions Academia à Louvain-la-Neuve (www.éditions-academia.be).

Les manuscrits peuvent m'être adressés personnellement à l'adresse: 51, Rue de Saint Hubert à 6927 Tellin ou être adressé à mon intention aux éditions Academia : 29 Grand-Place à 1348 Ottignies - Louvain la Neuve- Belgique, en précisant "pour édition dans la collection Encres de vie


Conseils et suivis de manuscrits :

J'assure des relectures de manuscrits ou de récits de vie en vue de conseils tant sur la mise en forme que la composition des textes dans la perspective de de leur diffusion restreinte ou d'une recherche par l'auteur d'un éditeur..


Professionnels ou particuliers peuvent s'adresser à moi dans le cadre de l'Association Traces de vie afin de consulter pour un simple retour de lecture,  une relecture ou un travail de réflexion et de révision plus approfondi. Chaque demande fera l'objet d'une rencontre préalable évaluant la demande et le coût du travail proposé.

Pour tout contact à ce sujet: Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.


TEXTES :

Quelques pistes et balises autour de l'écriture autobiographique et du récit de vie

Pourquoi l’écriture ?

Nous faisons tous l’expérience dès la petite enfance d'entrer en lien avec l’autre par le langage pour obtenir une réponse à nos besoins, affirmer notre présence au monde et y prendre place en le nommant. Peu à peu, à travers l'oralité, le « je » grandit et se construit une histoire singulière.

Que vient donc ajouter « l’écriture » à l'échange oral sinon offrir un terrain de distanciation et de mise en forme de son histoire, ce qui aboutit à la mettre en réflexion et en mouvement.

Ce qui peut se dire, ce qui peut s’écrire…

Il apparaît très vite que le champ de ce qui peut se partager oralement et celui de ce qui peut s’écrire ne se recouvrent pas exactement. Certains événements, actes ou émotions peuvent se parler mais ne peuvent pas s’écrire. C’est vrai par exemple pour des situations, sources de honte sociale. L’interdit de laisser des traces rejoint ici la loyauté familiale et enferme dans le silence ce qui deviendra "un secret de famille".

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Récit de vie :

à la frontière de la littérature et de la construction identitaire

Paru dans la revue Parenthèse (Mars 2010)

Les hommes ont besoin de construire une représentation cohérente de leur être et de leur devenir, de percevoir l’historicité de leur existence.

Vincent de Gaulejac [note 1]

Pourquoi « se » raconter à travers des histoires ?

Dans le contexte du monde humain, répondre de manière approfondie à la question « Qui suis-je ? » conduit à raconter une histoire (Arendt, 1958). Paul Ricoeur précise : L’histoire d’une vie ne cesse d’être refigurée par toutes les histoires véridiques ou fictives qu’un sujet raconte de lui-même. [note 2]. Ce qui amène à percevoir l’identité personnelle comme une identité narrative, le sujet étant à la fois auteur, acteur et lecteur de sa propre vie.

C’est pourquoi, toujours et partout, les adultes initient les enfants au monde humain en leur racontant des histoires. C’est pourquoi les enfants aiment s’endormir après avoir entendu une histoire, souvent la même, la préférée du moment qui fait partie d’un rituel sécurisant. Puis encore une ; et encore une autre… C’est ainsi que peu à peu ils se mettent à leur tour à raconter des histoires, c'est-à-dire à chercher à donner du sens aux choses et aux événements de leur vie, en fonction de ce qu’on leur a raconté et de la manière dont on le leur a raconté. C'est-à-dire en fonction des figures d’attachements. Principalement celle de la mère, mais aussi celle du père, de l’entourage familial ou social. Le sens des choses vient de ceux qu’on aime. Ce n’est que vers dix ans que s’ébauchent les premières représentations individualisées. Tout ce processus de tissage de liens et de sens se construit en parallèle avec l’acquisition de la langue, et en particulier de la construction consciente et inconsciente d’un langage personnel.


Avant d’entrer plus avant dans le processus de l’écriture comme médiation du récit, je voudrais vous raconter à mon tour une histoire. Celle de ces premiers pas dans l’apprentissage de l’art de se raconter, tels que je les ai observés auprès de mes petits-enfants.

Je plante le décor : une vieille ferme en Ardenne sur fond de neige. Voici les personnages principaux : trois petits garçons de quatre, trois et deux ans. Quant au scénario, il est très simple : il s’agit d’une série d’échanges entre grands-parents et petits-enfants.

Premier acte : Raphaël, deux ans, entre en scène. Il s’exerce à toucher, déplacer et nommer les choses et les êtres qui l’entourent. Cela donne des petites séries de mots : « téléphone, maman, papa » ; « bibi, pain, manger » ; « câlin, dodo » … assez efficaces puisque très vite, nous comblons les trous pour construire du sens : « Maman et papa ne sont pas là. Ils travaillent et vont revenir bientôt, on va leur téléphoner. » Ou : « Tu as faim, nous préparons le biberon et voici déjà un morceau de pain. » Ou encore : « Tu as sommeil, viens chercher un câlin et puis au dodo ! » Là, protestation de l’acteur principal (cris et colère, larmes) : « Pas dodo ! » Constat : il y a eu carambolage de sens. Reste à élaborer un compromis - inventer une nouvelle version de l’histoire - qui convienne aux deux parties.

Deuxième acte : Alexis, trois ans, vient rejoindre son petit frère. Il fait progresser le scénario en reliant les choses et/ou les êtres dans le temps et dans l’espace. Encore incertain dans cette nouvelle démarche, il poursuit les adultes de ses « pourquoi ? »  Pourquoi il faut aller dormir ? Pourquoi dans un lit ? Pourquoi il est fatigué ? Pourquoi le loup du livre ne va pas le manger ? Pourquoi il fait noir dehors ? Pourquoi il faut se lever ? Pourquoi papa et maman vont travailler ? A nous de lui proposer des liens de causalité qui fassent sens : il fait noir parce que c’est le soir et il doit aller dormir parce qu’il a beaucoup joué et qu’il est fatigué. Parfois il est d’accord avec nos suggestions de mise en intrigue, parfois il propose un autre scénario qui lui convient mieux : c’est le soir et il n’est pas fatigué. Il ne veut pas aller au lit car il a peur du loup qui est dans le livre mais aussi dans la chambre. D’ailleurs il l’a vu !

Troisième acte : arrivée de Kyan, cousin d’Alexis et Raphaël et aîné de la nouvelle génération. A quatre ans, il fait déjà preuve d’une belle capacité d’invention de récits complexes dans lesquels il mêle habilement des arguments puisés dans les livres et parmi ses figures d’attachements. Cela donne : « Moi, j’ai pas peur des loups car ma maman m’a dit que je suis très grand et très fort et puis j’ai un ami à l’école qui m’a donné son dragon qui tue tous les méchants. Je l’ai vu à la télévision. » Il en ressort que Kyan est plus grand et plus fort que les loups. Tranquillisé, Alexis, qui dort à côté de son « grand » cousin, répète : « Moi non plus j’ai pas peur des loups car je suis grand ! »

Fin de la représentation. Le rideau tombe, les enfants dorment. La maison retrouve son silence. C’est à notre tour d’adultes de repasser le film de nos histoires.


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